À l’approche de la rentrée scolaire, le RESEAU INCLU, en partenariat avec l’ASEIMC, a mené les 24 et 25 août une campagne de sensibilisation à Yaoundé et Bafoussam. Face aux difficultés persistantes rencontrées par les parents pour scolariser leurs enfants en situation de handicap, les deux organisations appellent le gouvernement à réguler les frais des écoles spécialisées et à renforcer la formation ainsi que le recrutement d’enseignants qualifiés.
À quelques jours de la rentrée scolaire 2025-2026, la question de l’inclusion scolaire des enfants handicapés refait surface avec insistance. Le Réseau des journalistes, médecins et experts pour la prévention du handicap et la promotion de l’inclusion sociale (RESEAU INCLU), en partenariat avec l’Association de Soutien aux Enfants Infirmes Moteurs Cérébraux (ASEIMC), a lancé une campagne de sensibilisation simultanément à Yaoundé et à Bafoussam les 24 et 25 août derniers. Objectif : convaincre les familles de maintenir leurs enfants à besoins spécifiques dans le système éducatif et rappeler aux pouvoirs publics leurs responsabilités.
Des familles partagées entre espoir et inquiétude
Dans les domiciles visités, les témoignages des parents convergent. Certains redoutent encore la stigmatisation et la marginalisation de leurs enfants, d’autres craignent des maltraitances en milieu scolaire. Beaucoup évoquent aussi les coûts élevés de scolarité et de transport, le manque de matériel pédagogique adapté, ainsi que l’absence d’enseignants spécialisés. « Nous voulons que nos enfants soient instruits, mais les obstacles sont nombreux », confie une mère rencontrée à Bafoussam.
Une volonté de scolariser malgré tout
Malgré ces difficultés persistantes, plusieurs parents ont confirmé leur décision d’inscrire ou de maintenir leurs enfants à l’école dès la rentrée prochaine. Ce signal positif témoigne d’une détermination à ne pas laisser le handicap devenir synonyme d’exclusion sociale. Pour le RESEAU INCLU et l’ASEIMC, cette mobilisation des familles prouve qu’une éducation inclusive est non seulement nécessaire, mais possible.
Des recommandations adressées aux pouvoirs publics
Au terme de cette campagne, les deux organisations ont formulé un ensemble de recommandations. Elles plaident pour la régulation des frais de scolarité dans les écoles spécialisées, la formation et le recrutement d’enseignants qualifiés, l’équipement en matériel adapté et la mise en place d’un accompagnement psychologique. Elles demandent également l’aménagement d’infrastructures scolaires accessibles, un soutien financier aux familles les plus fragiles, des campagnes nationales de sensibilisation contre les discriminations, ainsi qu’un mécanisme officiel de signalement des mauvais traitements.
Pour une école véritablement inclusive
En lançant cet appel, le RESEAU INCLU et l’ASEIMC entendent rappeler que l’éducation est un droit fondamental, quel que soit le handicap. Leur engagement vise à faire en sorte qu’aucun enfant ne soit privé de son avenir scolaire à cause d’un manque d’adaptation du système éducatif.