Ils sont jeunes, majoritaires dans la population, connectés à tout sauf aux urnes. À quelques semaines de la présidentielle de 2025, on constate que la jeunesse camerounaise ne croit plus. Elle ne croit plus en la politique, plus en les promesses, plus au système. Et surtout, elle ne croit plus que son vote puisse changer quoi que ce soit. « À quoi bon voter ? Ils ont déjà choisi pour nous », lâche Léonard, 23 ans, étudiant.
Une phrase devenue refrain dans les conversations de campus, les salons de coiffure et les groupes WhatsApp. Malgré leur poids démographique, les jeunes désertent les centres d’inscription, puis les bureaux de vote. Une abstention silencieuse mais lourde de conséquences. Et pourtant. Ces jeunes qui dénoncent l’immobilisme sont les mêmes qui ne s’engagent pas. Très peu rejoignent les partis, encore moins les mouvements citoyens.
On se plaint, on commente, on critique mais on ne participe pas. La peur ? La résignation ? Ou simplement un confort dans l’inaction maquillée en lucidité ? Le paradoxe est que la jeunesse veut le changement mais attend qu’il vienne d’ailleurs. Or, dans toute démocratie, refuser d’agir, c’est laisser les autres décider pour soi.
Surtout quand ceux-là n’ont ni vos rêves, ni vos réalités. Alors non, la politique ne se résume pas à des visages figés ou à des discours poussiéreux. Elle est aussi ce que la jeunesse en fera, si elle décide enfin de prendre sa part.