Clôturée le 27 août 2025, cette 8ᵉ édition des Journées Nationales de la PME a donné lieu à plusieurs recommandations, dont l’introduction de l’éducation entrepreneuriale dès le primaire.
Dans un contexte économique où l’auto-emploi s’impose de plus en plus comme une nécessité, le ministre des PME, Achille Bassilekin III, a plaidé pour une école camerounaise capable de former non seulement des chercheurs d’emploi, mais aussi et surtout des créateurs d’emplois. « Il faut construire la fibre entrepreneuriale très tôt. Si l’on veut une jeunesse entreprenante, elle doit grandir avec la culture de la création, de l’innovation et du leadership », a-t-il souligné.
L’objectif étant de former une jeunesse apte à créer de la richesse, plutôt que dépendante du seul salariat. « L’heure est venue de refonder notre système éducatif afin qu’il ne produise plus seulement des demandeurs d’emploi, mais des porteurs de solutions. L’entrepreneuriat doit s’apprendre aussi tôt que les mathématiques ou les sciences », a-t-il affirmé lors de la cérémonie de clôture.
Cette orientation intervient dans un contexte marqué par un taux de chômage élevé chez les jeunes diplômés, alors que les PME, reconnues comme véritables moteurs de l’économie nationale, peinent à s’imposer en raison d’un manque de soutien structuré. D’où la pertinence d’une éducation axée sur la créativité, l’innovation et la gestion de projet.
Outre l’approche éducative, d’autres recommandations ont été formulées : le renforcement de l’encadrement des PME dans les filières locales stratégiques (farine, poisson, soja, palmier à huile, élevage laitier), l’amélioration de l’accès au financement et la valorisation du « Made in Cameroon » à travers des campagnes de labellisation et de promotion commerciale.
Le ministre a par ailleurs annoncé la reconduction, en 2026, de l’appui de l’État à hauteur de 700 millions FCFA en faveur des organisations de l’économie sociale. Il a également réaffirmé l’engagement de son ministère à renforcer les dispositifs d’accompagnement, tels que les incubateurs, les centres de formation spécialisés et les plateformes de digitalisation.
Les JNPME ont également été l’occasion d’élargir les partenariats internationaux, notamment avec la France à travers le MEDEF, en vue de favoriser le partage d’expertises, les investissements conjoints et les transferts de technologies. Pendant trois jours, Yaoundé s’est ainsi transformée en un véritable carrefour de réflexion autour de la compétitivité des entreprises locales.
En misant sur l’innovation, la modernisation des outils de production et la formation ciblée, le Cameroun espère bâtir une économie plus résiliente, moins dépendante des importations et mieux ancrée dans ses propres ressources.