Cinq minutes ne passent sans que Yvan ne reçoive un client devant son pousse-pousse remplit de goyaves alléchantes. En effet, à 24 ans, il profite de cette saison pour se faire des sous, afin de financer sa rentrée.
Du lundi au samedi, dès 8h, il s’installe discrètement au marché de Mvog-Antangana Mballa, panier en main, étal garni. Ce jeune vendeur de goyaves a fait le choix stratégique de profiter de la saison pour se constituer une épargne. Objectif clair : payer ses frais de scolarité universitaire avant la rentrée académique. « Je n’ai pas la chance comme certains jeunes de bénéficier de l’accompagnement de leurs familles.
Du coup, j’ai choisi de me débrouiller par moi-même. Ce que je fais demande beaucoup d’endurance. Entre le soleil et les pluies, je m’accroche. Car j’ai un objectif à atteindre. Je préfère faire ça au lieu d’aller agresser des inconnus dans la rue, au risque de me faire prendre ou tuer », confie-t-il. Ici, les prix varient selon la qualité et la loi de l’offre et de la demande : 200, 250, 300, parfois 400 FCFA le fruit.
Tout dépend également du calibre du fruit, de son origine, et du « regard du marché » comme il le dit lui-même. Les goyaves, il ne les achète pas en ville. « Moi je n’achète pas ici. Soit à Okola, soit à Bafoussam », poursuit-il. Deux villages producteurs où il négocie directement avec les planteurs pour optimiser ses marges.
Le revenu journalier est variable. « Si la qualité est bonne et le marché favorable, tu peux vendre entre 15 000 et 20 000 FCFA par jour. Parfois seulement 5 000 ». Malgré l’incertitude, il garde le cap.